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Église décanale de Niederwiltz Saints Pierre et Paul (Ville Basse)

Histoire et Architecture

 Dekanatskirche Niederwiltz

L'église décanale Saints Pierre et Paul remonte dans son architecture au Moyen Âge. La partie la plus ancienne en est la tour où se trouvent les pierres tombales des comtes de Wiltz. Un millésime buriné dans la travée d'une voûte de l'ancien choeur est présumé indiquer l'année 1510. Cette année -là, la partie gothique, une église-halle à deux vaisseaux, ouverts l'un sur l'autre, caractérisée par des voûtes sur croisée d'ogives, a été achevée. L'édifice de 1510 a été construit sur les fondements d'un autre sanctuaire, datant de 1417. Ce qui n'empêche qu'auparavant il y en eût un autre, peut-être encore intégré au manoir fortifié des seigneurs de Wiltz, à l'endroit même du sanctuaire actuel, sur le petit promontoire à proximité du gué sur la rivière de Wiltz.

Au 19ième siècle, la population de Wiltz augmentait sensiblement grâce à l'essor de la tannerioe et du tissage. L'église s'avérait trop petite et du être agrandie. En 1841, une construction fut ajoutée à l'ouest, sans donner le résultat escompté.

L'architecte Jean-Pierre Koenig élabora des plans d'agrandissement en 1912. La première guerre mondiale stoppa le projet.

En 1937, sous le curé-doyen Dr Prosper Colling, l'architecte Jean Deitz ajouta à l'église gothique un monumental transept avec choeur jaillissant vers l'ouest.

Pendant la seconde guerre mondiale, l'église fut endommagée, en premier lieu au niveau de la nouvelle construction, mais elle put être remise en bon état remise en 1945-1946.

En novembre 1967, débutèrent les travaux de restauration déterminant encore aujourd'hui l'image stéréoscopique de l'église qui, depuis le 31 juin 1968, est classée monument historique.

D'importants travaux de restauration, d'après les plans des architectes André Haagen de Luxembourg et Francis Hoffmann de Wiltz, eurent lieu en 1995-1996 dans la partie moderne de l'église, suite à l'installation d'un superbe jeu d'orgues commandé à la manufacture d'orgues Ludwig Eisenbarth de Passau en Bavière.

 

En 2006 et en 2010 (année du cinq-centenaire de l'église), on assistait à la restauration des merveilleuses fresques dans l'ancienne partie de l'église par Mme Geneviève Taillefert.

 

L’Intérieur

Les armoiries des « von Ouren-Malberg », assorties du millésime 1510 au pendant, ornent la clé de voûte centrale, entourée des blasons de la famille du curé Jean d'Ouren-Malberg. Aucune autre église de notre pays ne présente une telle variété de clés de voûte décorées.

Certains écussons sont ciselés, d'autres sont plats, destinés à être enluminés.

Les trois dalles funéraires, intégrées au mur latéral droit de l'ancien choeur, datent de l'époque de loa Renaissance et constituent de véritables chefs d'oeuvre artistiques. Au milieu de l'abside, la pierre tombale d'Anne-Marie de Manderscheid-Blankenheim († 1559), épouse de Jean IV de Wiltz, montre la dame aux mains jointes pour la prière, portant un rosaire. A gauche d'elle, le baron Hartard de Wiltz († 1557), en armure, est à genoux, tenant un rosaire dans ses mains. Le monument à droite rappelle le sort traguique de Catherine de Wiltz, décédée en 1573 à l'âge de même pas six ans.

Les deux autres pierres tombales, plus modestes et en granite belge, appliquées aux murs de l'ancienne chapelle et sacristie, datent de l'époque baroque et sont dédiées à la mémoire de deux soeurs du dernier comte de Wiltz., Théodore François de Paule de Custine, lui-même décédé et enseveli à Bamberg (D) en 1799 : Françoise-Antoinette, défunte en 1734 à l'âge de 15 ans, et la marquise Marianne de Lambertye, décédée en 1739, âgée de 18 ans.

La grille en fer forgé, objet d'art exceptionnel, sort des ateliers de Gaspard Lambin à Saint-Hubert (B). Elle sépare l'ancien choeur de l'entrée nord actuelle.

Les statues de Saint Sébastien, pèlerin et de Saint Roch, soldat, sont réunies sur an même socle au-dessus de la niche, qui, autrefois, servait de tabernacle. Les deux sont typiques pour l'ère baroque. L'image de Saint Roch pourrait avoir été réalisée par le sculpteur wiltzois Nicolas Jacques. La statue de Saint Sébastien, de taille plus petite, date probablement du 17ième siècle.

 

Extension de 1937

L'installation centrale d'un nouvel orgue, réalisé par le facteur Georg Eisenbarth de Passau (D), ainsi que le réaménagement de l'abside, avec ouverture vers l'assemblée, ont occasionné d'mportants travaux d'infrastructure. L'aspect du parquet et des meubles fut adapté aux couleurs des autels latéraux, offerts par les corporations locales et provenant des ateliers de Jean-Georges Scholtes, ébéniste à Bastogne.

L'autel de gauche, datant de 1720, porte la statue de la Sainte Vierge, Consolatrice des Affligés, flanquée de celles des Saints Jean Népomucène avec grand crucifix, et François Xavier, tandis que la niche centrale supérieure est occupée par Sainte Anne trinitaire.

Le retable de droite, datant de 1722, est animé par les statues des patrons des corporations : Saint Crépin (tanneurs et cordonniers) avec instrument de mesure, dans la niche centrale du retable, Saint Elige (forgerons) avec marteau, Saint Bartholomée (bouchers) avec couteau et Saint Sévère (tisserands) avec pigeon sur la tête.

Réalisé aux ateliers Linster selon le canevas d'Emile Probst, un vitrail donnant vers l'est est dédié à Saint Pirmin, dont la vie est relatée en cinq scènes.

Les statues monumentales des Saints Pierre et Paul, patrons de l'église, trônent sur des piédestaux entre les grands vitraux de la façade nord, ornés des symboles des sept sacrements.

 

 

Michel Schmitt, Wegführer zu Luxemburgischen Kirchen und Kapellen, Editions Saint-Paul Luxembourg, 1996, ISBN 2-87963-258-7, S. 61; 68,69

 

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